Le Plan de relance annoncé par Nicolas Sarlozy n’emporte pas la conviction. Plusieurs économistes pronostiquent déjà un deuxième plan de relance. Les économistes se divisent sur l’arbitrage rendu en faveur de l’investissement au détriment d’une relance par la demande et de la consommation.
D’autres pointent la timidité du plan, ou encore, (comme la fondation Terra Nova), l’écart entre le chiffrage annoncé ( 26 milliards d’euros, 1,3% du PIB) et la réalité des mesures dont le montant réel se situerait plutôt autour de 10 milliards d’euros.
- Pour notre part, nous retenons que le Plan de relance fait l’impasse sur la reorientation écologique de l’économie : seules deux mesures concernent directement l’environnement : l’allocation de 200M€ à un fonds de lutte contre l’habitat indigne et les dépenses d’énergie. Le second de 500M€ dédiés aux projets d’infrastructures du Grenelle de l’environnement. Au total, 2,7% du plan sont alloués à des mesures favorables à l’environnement. Pire, de nombreuses mesures vont à l’encontre de l’environnement.
- Nous retenons aussi, comme l’ASIC, Renaissance Numérique, que le Plan de relance ignore pratiquement l’économie numérique. Et ce, quelques semaines après l’annonce du Plan Besson pour le developpement de l’économie numérique.
- Les priorités du Plan de relance de Nicolas Sarkozy se trouvent ainsi singulièrement décalées par rapport à celles du programme de relance de Barack Obama. Le programme de relance qu’Obama présente « comme le plus important programme de développement d’infrastructures aux Etats-Unis depuis l’après-guerre relie » étroitement urgence sociale (lutte contre le chômage), double priorité aux économies d’énergie et aux technologies numériques.
« Nous allons créer des millions d’emplois en faisant le plus gros investissement nouveau dans notre infrastructure nationale depuis la création du système autoroutier fédéral dans les années 1950… Nous réparerons les bâtiments en mauvais état, les rendrons plus économes en énergie et mettront des nouveaux ordinateurs dans les classes ». Le plan prévoit également « un effort massif d’économies d’énergie dans les bâtiments publics » pour récupérer « des milliards de dollars », en changeant les équipements de chauffage et d’éclairage, alors que le gouvernement américain « paye la plus grosse facture énergétique du monde ». Barack Obama s’est également engagé à développer l’accès à internet à haut débit de façon à ce qu’au moins « chaque enfant puisse se connecter ». « Il nous faut renouveler nos autoroutes de l’information. Il est inacceptable que les Etats-Unis soient au 15e rang mondial pour l’installation de réseaux à bande large ». Afin de moderniser le système de santé, le plus cher du monde, Barack Obama a promis la mise en place d’un réseau informatique entre les hôpitaux, permettant aux médecins d’avoir accès au dossier des patients « pour éviter des erreurs et économiser des milliards chaque année.
Au même moment, on apprend qu’à l’occasion d’un collectif budgétaire, les annulations de crédit touchent principalement 3 domaines :
- l’écologie et le développement durable : – 302 millions d’euros (ce sujet est parfaitement traité dans la Lettre)
- la recherche et l’enseignement supérieur : – 379 millions d’euros
- la ville et le logement : – 154,3 millions (notamment dues aux coupes effectuées sur le programme « Rénovation Urbaine »)
temPS réels
Un plan de relance timide
Terra Nova : Les vrais chiffres du plan de relance Terra Nova publie une analyse détaillée du plan de relance dévoilé par Nicolas Sarkozy le 4 décembre. Les ambitions affichées sont loin de la réalité : au lieu de 26Md€, le montant global de ce plan s’élève à 10 Md€, ce qui le place parmi les moins volontaristes des pays riches. Au lieu du point de croissance espéré, il ne permettra qu’une croissance de 0,4 point. Une relance plus efficace et plus juste aurait pu être suivie. La suite
Daniel Cohen : Le plan de relance n’est pas à la hauteur de cette crise hors norme »À mon sens, un véritable plan de relance aurait donc dû combiner des mesures de court terme, comme la baisse de la TVA mise en place par Gordon Brown au Royaume-Uni et qui a un impact immédiat sur l’économie, et des mesures de plus long terme, s’appuyant sur une relance des grandes infrastructures au service de la communauté. Au lieu de cela, le gouvernement est resté au milieu du gué, pensant qu’il était préférable de privilégier l’investissement public plutôt que la consommation. C’est une erreur. Il aurait fallu baisser la TVA, fût-ce pendant 6 mois seulement, le temps que les mesures d’investissements aient prise sur l’activité, ce qui aurait permis de relever la TVA. » La suite
Les économistes pronostiquent déjà un deuxième plan de relance Le Monde
La Commission Européenne, dans son plan de relance pour la croissance et l’emploi propose d’accorder une priorité aux « investissements intelligents. Le plan de relance présente des propositions détaillées visant à établir des partenariats entre le secteur public – grâce à des financements de la Communauté, de la BEI et des États membres – et le secteur privé pour encourager le développement de technologies propres en soutenant l’innovation : initiative européenne en faveur des voitures vertes bénéficiant d’un financement total d’au moins 5 milliards d’euros, initiative européenne en faveur de bâtiments économes en énergie représentant 1 milliard d’euros et initiative concernant « les usines de demain » estimée à 1,2 milliard d’euros, pour n’en citer que quelques-unes. Commission Européenne
Le plan de relance fait l’impasse sur l’économie numérique
Plan de relance français : la déception des acteurs du web « Sarkozy était là cette fois, le numérique non. Le tout nouveau plan de relance présenté et défendu par Nicolas Sarkozy déçoit les acteurs du web et des nouvelles technologies, qui émettent des revendications précises. » PC Impact
Renaissance numérique : La priorité d’octobre n’en serait-elle plus une en décembre ? « Le Plan France numérique 2012, présenté en octobre dernier, affichait clairement cette priorité : pourquoi alors ne pas la mettre en cohérence avec les grands objectifs du plan de relance ? La priorité d’octobre n’en serait-elle plus une en décembre ? (…) De la part d’un gouvernement qui pour la première fois compte un secrétaire d’État en charge notamment du numérique, Renaissance numérique ne veut voir dans cette absence qu’un oubli malheureux. »
L’Association des Services Internet Communautaires (Asic) s’étonne de l’absence des NTIC dans la plan de relance de N.Sarkozy Silicon.fr
Plan de relance : quel impact sur les PME innovantes ? Le Monde informatique
Plan de relance : Nicolas Sarkozy évoque le numérique sans s’y attarder « Pour soutenir l’activité et se moderniser, l’Etat prévoit bien d’accélérer les investissements publics, mais sans qu’aucune annonce d’accélération des investissements informatiques ne suivent. (…) Si le Président de la République réitère de manière générale le besoin d’entrer dans une économie du numérique et de la connaissance – de même que dans celle du développement durable -, l’argent mis sur la table ira essentiellement aux infrastructures immobilières de l’Etat, aux transports et à la mise aux normes sanitaires ou pour les handicapés. » Lemagit
L’économie numérique face à la crise
IDC ne prévoit plus que 1,2% de croissance des dépenses informatiques en 2009 en Europe de l’OuestLa croissance de la dépense informatique en Europe de l’Ouest ne sera que de 1,2% en 2009, selon IDC. Avant la découverte de la crise en septembre dernier, IDC tablait sur une hausse de 4%, soit autant que ses dernières estimations pour 2008. Le Monde informatique
L’Observatoire européen des technologies de l’information (EITO) divise par deux ses prévisions de croissance des TIC pour 2009 « Alors que la croissance prévue pour l’industrie IT de l’Europe de l’Ouest en 2009 était de 4% (ce qui était déjà relativement faible par rapport aux années précédentes), elle n’est plus que de 2%. Dans les télécoms, la correction est encore plus importante : 0,3% contre 1,3%. Prévue à 3,8% lors des résultats présentés en mai dernier, la croissance dans l’IT en France en 2009 devrait n’être finalement que de 1,8%. Les télécoms étant plus à l’abri : la croissance pour 2008 devrait être meilleure que prévu (3,0% contre 2,4%), et la chute devrait être limitée en 2009 : 1,9% contre 2,2% initialement prévus. La baisse de l’activité devrait toucher d’abord les petites et moyennes SSII, auxquelles les grosses SSII sous-traitaient des affaires. » Le Monde informatique
Crise et réduction des budgets : une opportunité pour le logiciel libre, selon Gartner « En pleine période de réduction des coûts de fonctionnement, le cabinet Gartner vient de publier les résultats d’un sondage qui montrent l’ampleur de l’adoption du logiciel libre en entreprise. Seules 15% des entreprises n’utilisent pas encore de logiciels libres dans le monde, mais toutes prévoient de le faire d’ici un an. Les logiciels libres ont donc complètement investi les systèmes d’information des entreprises, tel est le résultat sans appel d’un sondage conduit par Gartner Group au début de l’été dernier auprès de quelque 300 entreprises réparties dans le monde. Pour l’avenir, les entreprises devraient opter pour le Libre autant dans des projets stratégiques que dans des chantiers de moindre importance. Gartner précise même que le nombre de projets Libres concernant la couche applicative est en croissance. » Le Monde informatique
Roadmap FLOSS 2020 : La crise financière et économique accélère l’adoption du Cloud et de Services (SaaS) »Alors que leurs besoins en informatique continuent de croitre, les budgets des entreprises et des administrations diminuent. Si des fournisseurs peuvent offrir des solutions moins coûteuses (pas de coûts directs lié au matériel, ni à administration des systèmes), adaptée aux besoins (applications collaboratives, gestion de contenus, ERP etc.) et tout aussi sécures, la plupart des organisations qu’elles soient des PMEs, des divisions d’un Grand Groupe ou des bureaux d’Agence publiques se laisseront séduire par ces possibilités d’externaliser en grande partie leur Système d’Information. De plus pour les organisations soucieuses de développer le télétravail afin de limiter les déplacements de leurs personnels pour des raisons soit de coûts (coûts de l’immobilier, frais généraux, etc.), soit d’impact environnemental (transports, occupation de l’espace, etc.), de telles solutions seront favorablement considérées. » OpenWorldForum
Microsoft prête à 4,9% aux PME pour acheter ses logiciels L’éditeur a les moyens d’être sa propre banque et offre de nouveaux crédits aux PME. Après l’annonce d’un financement à 0% sur ses solutions ERP et CRM, Microsoft propose des prêts à 4,9% pour tous les autres logiciels professionnels vendus sous la forme de licences Open. L’éditeur entend utiliser sa puissante trésorerie pour doper ses ventes vers des PME fragilisées par la dégradation du contexte économique. Microsoft remboursera jusqu’à 5 000 euros aux entreprises qui avaient acquis des licences Open sur la gamme Office au prix fort. La remise correspond à environ 10% du prix d’une licence et est cumulable avec les nouvelles offres de crédit. le Monde informatique
Grande Bretagne : un milliard de livres pour les start-ups technologiques Le gouvernement britannique prévoit de lancer un fonds de capital-risque doté de d’un milliard de livres à l’intention des jeunes pousses technologiques. Il constitue la clé de voute d’un changement radical d’une politique industrielle qui verra plus d’intervention de la part de l’Etat. The Guardian
Le plan de relance tourne le dos au Grenelle de l’Environnement
Pour le Pôle ecologique du PS, le plan Sarkozy a une planète de retard – l’isolation thermique des logements, pourtant annoncée comme prioritaire, ne bénéficie d’aucune mesure spécifique d’accroissement des crédits publics, alors que ceux inscrits au budget à ce sujet sont notoirement insuffisants ;
- la prime à la casse est une réponse à courte vue, dont on a vu dans le passé les limites, et qui s’applique aux véhicules neufs émettant moins 160 grammes de co2 par kilomètre. Ce seuil est très élevé, et permettra à plus des ¾ des véhicules d’en bénéficier ;
- L’accélération des projets d’infrastructure ne donnent aucune priorité aux équipements propres et de réduction de la consommation d’énergie. Pôle écologique
Plan de relance : le Grenelle de l’environnement est-il déjà oublié ? Selon le WWF-France, le plan de relance « manque cruellement de vision et d’ambition environnementale en favorisant les deux secteurs les plus consommateurs d’énergie en France. Seulement 2,7% du plan pour l’environnement. Dans le plan de relance annoncé hier par Nicolas Sarkozy, seulement deux mesures concernent directement l’environnement : l’allocation de 200M€ à un fonds de lutte contre l’habitat indigne et les dépenses d’énergie. Le second de 500M€ dédiés aux projets d’infrastructures du Grenelle de l’environnement. Au total, sur les 26 milliards d’euros d’investissement c’est seulement 2,7% du plan de relance qui est alloué à des politiques en faveur de l’environnement.Pour ce qui est des 400M€ pour la recherche sur les véhicules hybrides et la facilitation des partenariats public / privé notamment dans les énergies renouvelables, il s’agit là de mesures déjà annoncées qui ne rentrent pas en compte dans la somme des 26Mds€. Pire, de nombreuses mesures vont à l’encontre de l’environnement. Ainsi, par exemple, l’annonce que la prime à la casse sera accordée pour l’achat de véhicules émettant moins de 160g de CO2/km marque un véritable recul du Gouvernement qui affaiblit significativement le principe du bonus malus calibré sur 130g/km. On peut aussi souligner que concernant le bâtiment, aucune mesure d’incitation à la réalisation de programmes immobiliers à basse consommation énergétique n’a été annoncée et ce, alors même que les promoteurs sont prêts à mettre en place de tels bâtiments. (…) Au risque sinon que ce plan de relance ne se révèle être avant tout un plan de relance de la pollution. » WWF
Internet et économies d’énergie au coeur de la relance d’Obama Accès à l’internet et économies d’énergie sont au coeur du programme de relance que Barack Obama compte mettre en place dès son arrivée à la Maison Blanche, un plan présenté samedi comme le plus gros développement d’infrastructures aux Etats-Unis depuis l’après-guerre. « Nous allons créer des millions d’emplois en faisant le plus gros investissement nouveau dans notre infrastructure nationale depuis la création du système autoroutier fédéral dans les années 1950″, a déclaré le président élu, lors de son allocution hebdomadaire à la radio. Journal du Net President-elect Barack Obama lays out key parts of Economic Recovery Plan
Obama veut que la jeunesse soit connectée Celui qui deviendra le 44ème président des Etats-Unis tient un plan ambitieux. Barack Obama vient en effet d’annoncer qu’il va mettre sur pied une mesure dont le coût n’a pas encore été révélé. Une politique qui devrait conduire à fournir Internet à tous les enfants américains mais aussi de fournir des technologies de pointe à tous les services hospitaliers publics. Les retombées de la mesure devraient permettre de générer plus de 2,5 millions d’emplois sur le territoire américain d’ici deux années. Il s’agit clairement d’une mesure de relance de l’économie en favorisant l’équipement des petites têtes blondes américaines. Silicon.fr
Manifeste Anti-crise : Comment faire face en profondeur à une crise systémique mondiale ? Jean-Pierre Baquiast et Christophe Jacquemin font l’hypothèse, dans ce manifeste Anti-Crise « que la crise financière et économique mondiale résistera aux mesures actuellement mises en œuvre par les Etats ou par les institutions internationales. Il est même vraisemblable qu’elle s’aggravera. Elle est en effet, selon l’expression désormais obligée, « systémique ». Ils estiment même « qu’il est bon, dans une large mesure et malgré les dégâts, que cette crise résiste aux mesures actuellement décidées pour la combattre, car elle obligera les Etats à s’attaquer aux deux causes majeures de la crise, résumées ci-dessus : libéralisme et croissance des consommations. Les politiques que l’Europe devrait, en s’appuyant sur son expérience, proposer au monde dans les mois prochains, sinon les semaines prochaines, reposeraient sur deux piliers : le pilier financier et économique et le pilier de la décroissance « raisonnée » Il s’agirait de prendre enfin acte que l’avenir de la planète exige de toute urgence la décroissance radicale de toutes les activités destructrices des équilibres climatiques et de la biodiversité. Celle-ci serait compensée, et au-delà, par une croissance des activités intellectuelles et culturelles sans impacts sur l’environnement. Trois grands domaines d’action devraient être envisagés :
1. Favoriser la décroissance des productions et consommations destructrices : par exemple abandon du pétrole et des technologies sociétales associées, automobile et modes d’urbanisation sous leur formes actuelles…et assurer la reconversion à long terme des forces productives et des habitudes de consommation vers des activités non destructrices.
2. Donner la priorité aux équipements et aux politiques de recherche scientifique, d’enseignement supérieur et plus généralement d’éducation.
3. Encourager le développement d’ « industries culturelles » libérées des pressions en faveur des consommations commerciales. Il devrait s’agir en particulier de structures décentralisées et participatives favorisant l’investissement intellectuel, la création et l’auto-formation à travers les réseaux numériques. Europesolidaire.eu