Catégorie : Riposte graduée 3.0 ou la fuite en avant

17 12 2008

Les protagonistes du Congrès de Reims face à l’HADOPI

Le projet de loi Hadopi sera examiné en mars prochain par l’Assemblée nationale.

Après le vote favorable des sénateurs, la position du PS est tres attendue.

En un sens, la position du PS sur l’Hadopi aura valeur de test de sa capacité :
- à trancher un débat qui reste pendant au PS depuis le vote de la DADVSI
- à se frayer une voie dans un débat conflictuel
- à surmonter le syndrome « on va avoir les artistes contre nous ».

Afin de préparer le débat que le Bureau National consacrera à cette question, il nous a semblé utile d’exhumer les passages que les contributions et les motions élaborés à l’occasion du Congrès de Reims consacrent aux pratiques numériques d’échange et de partage d’oeuvres.

La phase des contributions

La contribution de Martine Aubry s’opposait avec netteté à la criminalisation des internautes. « Sur le plan culturel, la criminalisation des internautes est une impasse doublée d’un total contresens : ce que recherchent les internautes qui copient des CD ou des DVD, plus que les contenus eux-mêmes, c’est partager des émotions et échanger des savoirs. Bien sûr, dans un contexte nouveau où le numérique permet de copier les œuvres à l’identique et le net de les diffuser à l’infini (P2P), il faut trouver des solutions pour assurer le financement de la création et la rémunération des artistes. Mais, alors que le débat se focalise sur cette question, la priorité n’est-elle pas d’aider le web à devenir réellement ce formidable outil, qu’il est fondamentalement, de démocratisation de l’accès à la création et à la diffusion pour des millions de personnes. »

La contribution de Laurent Fabius proposait de libéraliser les les échanges non-commerciaux, et évoquait, à mots feutrés, le principe d’une licence globale » « Nous définirons de nouvelles formes de rémunération des artistes afin de leur assurer une rémunération équitable dans un contexte de libéralisation des échanges et de libre circulation des œuvres audiovisuelles. »

La contribution de la ligne claire (Gérard Collomb, Jean-Noel Guerini) évoquait le sujet, mais de manière allusive, évoquant « les censeurs et les Big Brothers de tous ordres (qui) se déchainent au niveau national ». pour regretter qu’au cours « de la de la décennie écoulée, l’échelon national, qu’il s’agisse de la majorité en place ou du Parti socialiste, ait abordé le numérique en général et Internet en particulier comme une menace et non pas comme une opportunité. »

Bertrand Delanoë abordait le sujet avec prudence. Muet sur l’opportunité de poursuivre ou non les internautes pour enrayer les pratiques d’échange, il rejoignait le point de vue des organisations professionnelles de la musique et du cinéma quant à la nécéssité de faire financer la création culturelle par les opérateurs des télécommunications. Bertrand Delanoé souhaitait amener «  les puissants acteurs de l’Internet et de la téléphonie mobile à financer la création culturelle de la même façon que la télévision finance la production cinématographique depuis 25 ans ».

La contribution de Ségolène Royal était nettement en retrait par rapport à ses prises de position antérieures. Ses propositions en matière de technologies numériques concernaient essentiellement l’enseignement et s’inspiraient d’initiatives qu’elle a prises ou qu’elle envisage dans sa Région.

La phase des motions

La motion D ( (dont Martine Aubry était premier signataire) affichait une ouverture face à une « révolution numérique » qui offre « à chacun de partager les moyens d’une autonomie plus grande pour l’accès aux savoirs, à l’information et à la culture.

« Les socialistes doivent être porteurs de propositions fortes pour faire de l’internet ce formidable espace de liberté qu’il est potentiellement, à condition d’en favoriser le développement, d’en réguler le fonctionnement et de sortir d’une logique de criminalisation des internautes. »

La motion C (dont Benoît Hamon est le premier signataire) consacrait un sous-chapitre à la révolution numérique ». « Internet est un espace de liberté qui permet à tous d’accéder dans les mêmes conditions à des savoirs et contenus culturels. Il s’agit de reconnaître le caractère licite des échanges, à condition qu’ils soient non commerciaux et qu’ils donnent lieu à une forme de rémunération des artistes. A partir du moment où Internet génère des profits, entre autre parce que des contenus culturels sont sur la toile, il est légitime que leurs auteurs en reçoivent leur part. Dans la mesure où les modes de diffusion évoluent, il faut faire évoluer les modes de rémunération des artistes, comme cela a été fait pour le cinéma, ou pour la diffusion de la musique dans les bars avec la SACEM. C’est la raison d’être de la licence globale, que nous devons défendre. »

La motion A (dont Bertrand Delanoé est le premier signataire) consacrait un court développement à la controverse autour du droit d’auteur : « un nouveau modèle de rémunération des auteurs et des artistes, respectant les principes des droits d’auteur, pour amener les acteurs de l’Internet et de la téléphonie mobile à financer des créations culturelles. » Le numérique semble ici considéré essentiellement sous sa capacité à rémunérer les auteurs et les artistes.

La motion E (dont Ségolène Royal et Gérard Collomb étaient les premiers signataires) abordait de manière frontale « la question des NTIC et d’Internet » et « le bouleversement des règles de la propriété intellectuelle qu’ils ont induit ».

« L’équilibre entre les intérêts des créateurs, des producteurs et des consommateurs de musique en particulier, n’y a pas survécu. À une époque où n’importe quel ordinateur peut faire office de studio d’enregistrement, la frontière qui séparait créateurs et producteurs est devenue inconsistante, sans que l’industrie musicale ne se montre capable d’inventer un nouveau modèle commercial qui prenne cette mutation en compte. De leur côté les consommateurs se vont vus dotés par les nouveaux outils d’une capacité de copier et de faire circuler aisément les œuvres, parfois au détriment de la rétribution des créateurs et des acteurs économiques du secteur. Pour rééquilibrer cette situation, le durcissement des droits de propriété intellectuels actuellement mis-en-œuvre par la majorité présidentielle est un emplâtre sur la jambe de bois de l’industrie musicale et il nous faut proposer de nouveaux modes de distribution et de rémunération des œuvres, à l’instar de ce qui avait été tenté avec la licence globale. »


En toute logique, les analyses présentées par les principaux protagonistes du Congrès préfigurent une opposition de principe du PS au projet gouvernemental de « riposte graduée ».

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28 10 2008

La pétition de Sciences et Vie Micro a recueilli 36 000 signatures

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La pétition de Sciences et Vie Micro a recueilli 36 000 signatures
mardi 28 octobre 2008 , par RM

En mai dernier, le magazine SVM a lancé une pétition contre le projet de loi « Création sur Internet », baptisé à l’époque Hadopi.

Elle recueille à ce jour la signature d’une soixantaine de personnalités de tous horizons, et de plus de 36 000 citoyens, entreprises et associations.

Parmi eux :

Députés européens
- Guy Bono, PS
- Daniel Cohn-Bendit, Les Verts
- Alain Lipietz, Les Verts
- Vincent Peillon, PS

Politiques
- Quitterie Delmas, déléguée nationale du Mouvement démocrate
- Vincent Feltesse, maire de Blanquefort, président de la Communauté urbaine de Bordeaux et secrétaire national aux TIC du PS
- Jérôme Relinger, Délégué TICs du PCF
- Maurice Ronai, délégué général de Temps Réels (section Internet du PS)
- Benoît Thieulin, secrétaire de Temps Réels

Associations
- ABF(Association des bibliothécaires de France)
- Aful (Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres)
- April (association pour promouvoir et défendre le logiciel libre)
- Christophe Espern, collectifs Eucd.info, Laquadrature.net et Web314.org (nouveau)
- Framasoft, association de découverte et promotion du logiciel libre
- Freenews
- Internet For Every One (internetforeveryone.fr)
- Journal du Freenaute
- JustNeuf
- Daniel Kaplan, responsable associatif dans les nouvelles technologies
- « Musique libre ! » (dogmazic.net, licences libres, partage de la culture)
- n9ws
- Aziz Ridouan, Audionautes
- Univers Freebox

Chefs d’entreprise
- François Collet, Chef d’entreprise, co-fondateur de l’agence Heaven
- Stéphane Distinguin, entrepreneur et responsable associatif dans les NTIC
- Jean-Bernard Magescas, président de Fon France
- Damien Jouvenceau, membre du collectif de réflexion Les Catalyseurs Numériques, rédacteur du site Zik4Zik
- Xavier Niel, directeur général délégué à la stratégie d’Iliad (Free)
- Tristan Nitot, blogueur et fondateur de Mozilla Europe
- Stephan Ramoin, directeur du bureau d’enregistrement de noms de domaines et hébergeur Gandi.net

Journalistes, essayistes
- Philippe Aigrain, analyste et essayiste
- Philippe Axel, essayiste, auteur de La révolution musicale
- Guillaume Champeau, Fondateur de Numerama.com
- Jean-Louis Gombeaud, journaliste économique
- Thierry Noisette, journaliste et essayiste, auteur avec Perline de La bataille du logiciel libre
- Perline, journaliste et essayiste, coauteur de La bataille du logiciel libre

Députés français
- Jean-Louis Bianco, député PS des Alpes de Haute-Provence
- Martine Billard, Les Verts
- Patrick Bloche, PS
- Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République
- Noël Mamère, Les Verts
- Christian Paul, PS

Artistes
- Jeff, fondateur de Reshape Music et FairTrade Music (mouvement musique équitable)
- Les Ogres de Barback, groupe de chanson française
- The Penelopes, groupe de musique électronique
- Qwartz Awards, collectif de 2 500 labels indépendants de musiques nouvelles
- Richard Pinhas, compositeur
- Didier Super, chanteur

Experts
- Cécile Alvergnat, consultante et ex-membre de la Cnil
- Nicolas Barcet, responsable activité serveurs chez Ubuntu Canonical
- Lièvin Feliho : responsable du service juridique du SAMUP (syndicat des artistes interprètes et enseignants de la musique et de la danse de Paris Ile-de-France)
- Gilles Fournel, responsable Projets et Nouvelles Technologies au ministère du Travail
- Audrey Harris, exconseillère de Christian Paul sur la loi DADVSI
- François Horn, maître de conférences en sciences économiques à l’Université Lille 3
- Bernard Lang, directeur de recherche à l’Inria, vice-président de l’Aful, membre du CSPLA
- François Pellegrini, chercheur en informatique au laboratoire Labri de l’université de Bordeaux
- Jean-Baptiste Roger, responsable NTIC du conseil régional d’Île-de-France
- Cyril Rojinsky, avocat au barreau de Paris

http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee

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07 10 2008

Guy Bono : Barroso inflige un véritable camouflet à Sarkozy !

Guy Bono se félicite de la fin de non recevoir opposée par Monsieur Barroso à la demande de Nicolas Sarkozy de supprimer l’amendement 138.

 » En demandant au Président de la Commission un retrait pur et simple d’un amendement adopté à une très large majorité par le Parlement européen, Sarkozy prend ses désirs pour des réalités. La Commission européenne n’est pas le petit chien de Sarkozy ! Si Sarkozy a pris des habitudes de monarque en France, l’Europe n’est pas son royaume ! C’est un véritable camouflet que vient d’infliger la Commission européenne à Nicolas Sarkozy en renvoyant la question de la suppression de l’amendement 138 au Conseil de l’Union européenne ! », poursuit le député Guy Bono.

Pour Guy Bono « Le Président français a trop vite oublié le fonctionnement des institutions de l’Union européenne en feignant d’ignorer le principe même de la codécision ». Guy Bono rappelle à ce titre que le Parlement européen est co-législateur avec le Conseil et que la Commission européenne n’a pas de pouvoir législatif autre que l’initiative »

Guy Bono de féliciter la Commission européenne : « Ce n’est qu’en résistant aux pressions politiciennes des Etats membres que la construction européenne avancera et que l’Europe se rapprochera enfin de ses citoyens ».

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25 09 2008

Guy Bono : "L’Europe interdit la riposte graduée"

Dans le cadre de la première lecture du « Paquet Telecom », le Parlement européen a voté l’amendement Bono-Cohn Bendit qui signe l’arrêt de mort de la riposte graduée.

L’amendement [1] qui a été approuvé à une très large majorité (573 pour, 74 contre), précise que les autorités de régulation nationale veillent à ce qu’aucune restriction à la liberté d’expression et d’information d’un citoyen ne soit prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire.

Pour Guy Bono, « cet amendement constitue une garantie afin que les dispositions du paquet télécom ne conduisent pas au transfert de missions de l’autorité judiciaire à des autorités administratives lors de la transposition par certains États membres malveillant dont la France, tout en prévoyant les exceptions nécessaires à la sécurité publique. »

Cet amendement garantit que le projet de loi français sur la riposte graduée qui évacue l’autorité judiciaire au profit d’une autorité administrative ne pourra pas voir le jour en Europe. Il confirme ainsi clairement la résolution du Parlement européen du 10 avril dernier qui avait déjà soulignait que la coupure de l’accès à internet est disproportionnée.

Ce texte s’inscrit cette fois dans le cadre d’une directive et donc s’impose à l’ensemble des Etats membre, au premier rang desquels la France. Pour l’eurodéputé « cet amendement démontre que l’Europe est consciente que certains Etats membres veulent contourner l’autorité judiciaire et qu’elle les protège ! »

« Aujourd’hui l’Europe apparaît comme le dernier rempart contre les velléités liberticides de certains Etats membres », souligne Guy BONO

La position exprimée par le Parlement européen ce jour sonne le glas du projet de loi français « Création et Internet » et de sa mesure emblématique qui est la mise en œuvre de la riposte graduée par l’autorité HADOPI. Guy Bono de conclure : « on ne joue pas comme ça avec les libertés individuelles. Le gouvernement français doit revoir sa copie ! »


[1] en vertu du principe selon lequel aucune restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire en application notamment de l’article 11 de la charte des droits fondamentaux, sauf en cas de menace à la sécurité publique où la décision judiciaire peut intervenir postérieurement

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01 09 2008

François Pellegrini : Analysis of some “telecom package” amendments

Version 1.0 29/08/2008

Summary

Following my first “Note on the flexible response and the telecom package”, which addressed the historical and political context of several dangerous amendments to the “telecom package”, this note aims at developing why these amendments should be rejected as is, and how to amend some of them.

These amendments will be referred to as “content oriented” amendments, as most of them contain the “lawful content” term (which in itself is an illogical concept from a communications point of view, as will be seen below).

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